Les personnes surendettées peuvent compter sur Crésus

Article paru sur la depêche.fr le 10/05/17

 


Depuis cinq ans, l'association Crésus œuvre à l'accompagnement des personnes surendettées. Les dossiers s'accumulent et les 15 bénévoles ont bien besoin de renfort.


 

Société

Tout le monde connaît l'expression «être riche comme Crésus». Plus de 2 000 ans après la fin de son règne, le roi lydien a désormais une association à son nom. Qui s'occupe des plus pauvres. Depuis cinq ans, l'association nationale Crésus s'est installée à Toulouse avec un objectif : aider les personnes surendettées. Malheureusement, la structure marche à plein régime. «On est quasiment saturé», explique Fabrice Messoumian, président de l'antenne toulousaine.

Avec 1 million de foyers français surendettés et 200 000 dossiers déposés par an à la Banque de France, il y a en effet de quoi faire. D'autant que ce phénomène qui est en constante augmentation touche toutes les classes sociales. «Être surendetté signifie ne plus être capable de rembourser ses dettes, indique Fabrice Messoumian. On peut être pauvre, c'est-à-dire avoir des revenus en dessous d'un certain seuil, sans pour autant être surendetté.»

Une éducation budgétaire

La plupart du temps, les gens poussent la porte de Crésus «trop tard» ou n'osent pas contacter d'eux-mêmes la Banque de France. «Contrairement à ce que l'on entend parfois sur ceux qui profitent du système, on reçoit énormément de gens qui n'osent pas jouir d'un processus d'aide qui peut leur trouver une solution», estime le président de Crésus 31. Les sentiments de «peur» des créanciers, du recommandé ou la «honte» vis-à-vis de l'entourage en font un sujet souvent «tabou».

 

Les causes sont multiples. La société de l'hyper consommation et la «généralisation» des crédits - «même pour les petits achats», note Fabrice Messoumian - , l'augmentation du chômage et de la précarité, de l'isolement et des familles monoparentales caracolent en tête des motifs de surendettement. Mais quand survient un accident de la vie comme la perte d'un emploi, un divorce ou encore, le décès d'un proche, c'est vite l'enlisement. «Le manque d'éducation à l'argent est par ailleurs un vrai problème : les gens ne savent plus gérer un budget, estime Fabrice Messoumian. On milite pour une éducation budgétaire comme on le fait pour l'éducation routière.»

Alors ce travail d'apprentissage, le président de Crésus le mène avec des équipes qui ont grandement besoin de renfort.